
Les conseillers ruraux de Sansamba dans l’ouest de la région de Sédhiou ne parlent toujours pas le même langage sept mois après l’élection du président en exercice Lamine Kouyaté. Celui-ci élu dans un contexte fratricide, est décrié par une frange des populations de la collectivité locale. En assemblée générale de concertation hier mercredi, ses opposants lui reprochent une léthargie et des indices de « détournement » dans la gestion. Lamine Kouyaté dément arguant que le silence est dû au manque de sécurité et ajoute qu’il portera plainte contre les actes de violence du sept janvier 2010.
La mayonnaise refuse toujours de prendre au sein du conseil rural de Sansamba. Les membres de ladite instance sont profondément divisés sur la personne qui doit présider aux destinées de leur collectivité. C’est d’abord le jeune Boubacar Badji qui est élu au soir des consultations du 22 mars 2009. Il est contesté par son prédécesseur Lamine Kouyaté. Celui-ci introduisit un recours qui écartera Boubacar des affaires au motif qu’il est chef de village de Ampountou au profit de Ansou Dramé assistant communautaire de l’ancienne équipe.
Lamine Kouyaté persiste et annule l’élection de Ansou Dramé auprès de la cour d’appel de Dakar. Le sept janvier, il se hisse à la tête du conseil rural. Une partie des populations de Sansamba s’insurge contre et met du feu sur le conseil rural. Le véhicule communautaire est calciné, celui loué par lamine Kouyaté pour la circonstance envoyé aux cendres également par les manifestants en colère. C’est une relance des hostilités en cours. Des deux côtés, plaintes et recours se croisent dans les instances judiciaires.
Les opposants du président dénoncent et exigent une délégation spéciale
A l’occasion de leur assemblée générale tenue hier mercredi, les détracteurs du président Lamine Kouyaté ont fait part de leur profonde amertume sur deux dossiers essentiels : la léthargie depuis son élection et les tentatives de détournement des fonds publics « nous avons la malédiction d’avoir un homme sans cœur à la tête de notre institution rurale. Pendant les sept ans qu’il avait fait à la tête du conseil rural de Sansamba, il résidait en permanence à Dakar avec le véhicule qu’il louait à 20.000F/jour. Il refait tout pour revenir aux affaires. Depuis le sept janvier, il n’a convoqué aucune session ; pire, il envoie un jeune recueillir les signatures pour libérer les fonds de dotation, ce que nous qualifions de détournement » s’offusque Christian Victor Mendy le deuxième vice-président du conseil rural. D’autres élus comme Thomas Gomis, Bétène Dramé, Yancouba Sané, Alphouseyni Maréna ont appuyé son réquisitoire. Dans la même foulée, Lamine Thianna le secrétaire général de la section de Sansamba fait remarquer que « les partisans de Lamine Kouyaté se sont accaparés des cartes et les ont bloquées rien que pour saboter et torpiller mes instructions en ma qualité de secrétaire général de la section. J’ai placé 400 cartes, mais comme si elles ont toutes disparu ».
D’un revers de main, Lamine Kouyaté balaie ses allégations et se défend !
Interrogé sur les charges retenues contre lui, le président du conseil rural Lamine Kouyaté note que « ce sont des individus de mauvaise volonté qui cherchent à me mettre les bâtons dans les roues. Les signatures pour lesquelles j’ai chargé Ismaïla Badji mon secrétaire de recueillir entrent dans le cadre de l’élaboration d’une pétition pour dénoncer le silence qui entoure la plainte que nous avons déposée contre les pyromanes qui ont incendié les deux véhicules et mis à sac la maison communautaire le sept janvier dernier ». et d’ajouter « Pour la tenue des sessions du conseil, compte tenu de l’insécurité qui prévaut, j’ai fait appel aux gendarmes de Sédhiou mais ils étaient pris par les événements de Vélingara puis par les différents examens scolaires dans le département de Sédhiou ». Quant à Moustapha Sarr le sous-préfet de Djibabouya, il se défend de n’avoir envoyé personne pour recueillir les signatures et déclare que la session de vote des fonds de dotation est prévue en début août.A Sansamba, les germes d’actes de vendetta sont bien perceptibles et risquent de produire plus de mal qu’on ne s’y attend vraiment.