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| Sud, la meilleure école |
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| Aïssatou FALL |
12/05/2011 | 07H18 GMT |
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| J’ai lu bon nombre de témoignages, historiques, éducatifs, nostalgiques aussi. Je me suis alors dis : « que puis-je rajouter à tout cela sans me trahir, sans tomber dans le « moi », le « je » ? Presque RIEN sans doute. Je ne saurais jamais parler de SUD, de mon « Sud à moi », sans parler de moi … |
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Alors peut-être devrais –je simplement : - rappeler que SUD FM Sen Radio est la première radio privée du Sénégal ; - évoquer l’impact que cet organe de presse a eu sur la population, mais rappeler surtout, et, également ce dont certains se font les chantres aujourd’hui, alors que véritablement SUD en a été le pionnier, le précurseur. Je veux ici parler de l’information de proximité initiée par Sen Radio.
- Avec son slogan « Le Choix de la différence », Sud faisait la différence. En effet, même s’il est vrai qu’une autre radio avant nous informait en wolof, aucune comme nous, ne faisait un journal en wolof digne de ce nom, avec les mêmes éléments que dans le journal en français. Sud a poussé intervenants, journalistes et reporters à sortir de cette enclave linguistique. Sud a su ainsi, donner la voix aux sans voix. Celui qui n’était pas allé à l’école pouvait s’exprimer dans la langue de son choix, sans avoir ce complexe du« je ne parle pas français », et sans interprètes, qui parfois déformaient les propos.
- Oui, Sud a su, a pu faire le choix de la différence. - Je ne parlerai donc pas de ma relation personnelle avec SUD, mais seulement de ma famille d’adoption, qui, en son sein, a éveillé et nourri bien des vocations, voire des ambitions.
Vous comprendrez certainement et serez indulgents, pour ce « narcissisme » d’un jour, qui, en réalité n’est que la profession de foi d’une militante à jamais. Je suis de SUD, j’en suis un pur produit ! Je le confesse et le revendique et, je dois à Sud ce que je suis devenue. Et ils sont véritablement nombreux, ceux qui comme moi, peuvent en témoigner.
J’appartiens à cette institution d’excellence et de prestige qui forme les meilleurs professionnels en journalisme.
J’aurais pu raconter mon arrivée à SUD, comme d’une première rentrée d’école en juillet 1994. J’aurais pu retranscrire toute ma trajectoire, ma course de vie. Mais je crois que j’aurais évoqué plus volontiers ma première expérience professionnelle, mon premier journal.
Dans la vie, il y a toujours des passeurs d’hommes, des mentors qui vous donnent une « chance ». Quelqu’un qui vous découvre, vous initie, vous révèle à vous-même et vous propulse.
Au travers de nombreuses anecdotes (Jacqueline Fatima Bocoum, Sakou Faye, Michel Diouf, Khaly Seck, Seynabou Ndiaye, Awa Diagne, Reine Marie Faye, Mame Fakha Ndiaye, Mamadou Moussa Ba, Aliou Diarra, Ndèye Fatou SY, Aminata Mbodj, Pape Diokhané, Serigne Moustapha Diakhaté, Ady Wade, Alain Sané, M. Lamine Diatta, Birima Fall, Vieux Aïdara, Khadim Samb, Makhou Ba, Pape Olla Youm, Alioune Badara Diallo, Niokhor Fall, Aziz Coulibaly, DjEdouardo, Dj Saf Niang, Dj Vincent, Dj Stéphane, Dj Amich, Abdoulaye Diakhaté, Pape Fall, Mamadou Moussa Ba, Cheikh Dia, Abdoulaye Cissé, Mame Pathé Ndoye, Mounirou Fall, Mouhamed Pascal Faye, ou Mamadou Dièye, entre autres), je m’étais découvert une nouvelle vocation.
La suite de ma trajectoire, je la dois à un homme exceptionnel, que j’appelais affectueusement « Patron » et qui croyait aussi en moi. Je rends hommage à Baba Diop, qui m’a enseignée, soutenue et accompagnée tous les jours, pour la réalisation de mon journal, de mon premier micro devant un panel de personnalités dont le Président du Groupe, Babacar Touré, le Professeur Serigne Diop -alors Ministre de la Communication- et le Directeur Général de Sud Fm sen Radio, Chérif Elvalide SEYE qui m’avait jetée dans l’arène. C’était au cours Sainte Marie de Hann, pour le lancement de Sud Ecole.
Oui, eux croyaient en moi et Max Sohaï me répétait souvent : « On saura si tu es la fille de ton père ! ».
Je n’oublierais jamais non plus, le procès contre la Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS), lorsqu’après un renvoi, il fut décidé une marche qui devait aller du Cap Manuel au Boulevard El Hadji Djily Mbaye, siège du Groupe Sud. Mais arrivés à hauteur de l’hôpital A. Le Dantec, un barrage de policiers nous coupait la route en nous enjoignant de passer par la petite corniche. Refus catégorique bien sûr. L’intervention du commissaire central Tall fut, même dans cette circonstance de contestation, émouvante. Son devoir lui commandait d’appréhender son ami Babacar Touré et de le jeter dans le panier à salade. Deux regards, deux chemins qui se croisent et s’opposent. Tout un discours dans les regards, un flot de mots échangés en silence. Puis, sans se renier et sans trahir son amitié, chacun prend ses responsabilités. Le mouvement continue mais les responsables sont arrêtés et jetés dans le panier a salades.
Malgré tout, et c’était là l’essentiel, notre message était passé ! L’engagement de la population auprès de Sud Com était total, unanime. De plus l’épreuve nous avait rapprochés et rendus plus forts. Une famille soudée et unie venait de naitre, dans la douleur et le sang.
C’est grâce à ce média au courage exceptionnel, que le citoyen lambda de Bambey, celui de Lambaye, de Thieytou, du Fouta, du Fouladou, du Sine du Saloum, de la Casamance, pouvaient avoir les informations en wolof, en sérère, en diola, en pulaar, en mandingue, etc, en temps réel, l’information de proximité notamment.
Sud Fm donnait la parole aux sans voix. Il était leur porte-parole dans ce procès inique, cette parodie de justice aux relents d’arbitraire que même le témoignage à décharge d’un ancien ministre des Finances, en l’occurrence Mamoudou Touré, ne pouvait infléchir: les dés étaient pipés.
SUD c’est aussi Saint-Louis du Sénégal, la ville-symbole à jamais gravée dans la mémoire collective. C’est la vieille cité dont le pont de 511 mètres ne pouvait manquer de fasciner. Mais Saint-Louis m’était de nouveau révélée par Sud, es qualité de Chef de la Station régionale Sud Fm.
A travers « Régionale », l’on découvrait le génie du fleuve, Mame Coumba Bang, le Prytanée Militaire Charles N'tchoréré et les personnalités qui y séjournèrent. L’on découvrait le Gandiol, l’embouchure, le Walo, le Fouta, BopouThior, le Parc de Dioudj, 3ème réserve mondiale d'oiseaux migrateurs, la Langue de Barbarie, le Zawiya El hadji Malick Sy au Nord de l’ile où résonne tous les jours, le Wazifa. L’Eglise, plus d’une fois centenaire, monument historique et ses briques rouges à Sindoné, premier quartier de l’ile et Guet Ndar, le village des pêcheurs.
Des hommes, des femmes de statures particulières comme Fatou Niang Siga, Ndèye Sow Abdourakhmane, Diaga Samb, Ibrahima Fall Mbida, Baye Galaye Diagne, Beuyou Mbaye, Almamy Matheuw Fall ou Colo Diakhaté et au nombre desquels quatre grands hommes marqueront mon histoire : l’imam de Saint-Louis, feu El Hadji Abdoul Magib Diop, El Hadji Mame Baye Mbaye (maitre coranique de Abdou Diouf), Feu El Hadj Omar Diallo, Imam de Saint-Louis et El Hadji Macky Kane.
Mais ma mémoire s’illumine aussi de la figure de Cheikh Ahmadou Bamba, Serigne Touba, dont la présence résonne encore au tréfonds de cette ville merveilleuse, qui célèbre chaque année ses 2 rakas, léguées comme symbole de résistance et de défiance à l’oppression coloniale.
Saint-Louis est riche et fière de sa diversité culturelle, de sa dimension métisse et de son ouverture au monde. Avec « Quartier à la Une » l’on était impressionné par la maîtrise de la parole et de l’apparat Saint-louisiens, un art authentique, subtil et célèbre, illustratif de l’hospitalité légendaire de cette cité mythique au mitan du monde
Je suis ce que je suis. Je suis le témoignage vivant d’une passion. J’aurais pu dire de Sud que c’est une référence, mais pour moi, il est véritablement plus que cela. C’est la meilleure école de formation aux métiers de journalisme : le nec plus ultra. Sud sera toujours mon choix, celui de mon esprit et de mon cœur. Le poète libanais Khalil Gibran dit dans « La terre est ma patrie et l'humanité, ma famille », que « Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit”. Demain, il fera jour.
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