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SUD, un esprit, un idéal !
Madior FALL | 30/05/2011 | 06H58 GMT
 
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Thié, depuis le mois de mars dernier, « convoquées » au banquet sans agapes des 25 ans du journal par Babacar Touré, le Président du Groupe Sud-communication, de talentueuses plumes épluchent un bilan d’étape d’une folle aventure démarrée un mois de mars 1986 par un groupe d’amis, de confrères, « jeunes journalistes écervelés» qui ont blanchi aujourd’hui sous le harnais. Ces belles plumes qui ont servi, servent encore, ou qui sont proches du journal ou simplement liés au groupe que les Sénégalais de l’intérieur et de la diaspora ont pris manifestement plaisir à retrouver, à découvrir, à lire et à relire à travers nos colonnes, retracent qui une tranche de vie, qui un moment, qui un vécu de la saga que des hommes et des femmes, professionnels de la communication, intellectuels, militants ivres de liberté, imbus de patriotisme, qui avaient soif de conquêtes nouvelles ont écrit et continuent d’écrire.
 
Ces hommes et ces femmes  ont cherché à élargir l’espace d’expression au moment où la plupart des partis politiques, notamment ceux de l’opposition ainsi que bon nombre de citoyens « mal pensant » bataillaient ferme pour être présents dans les médias d’Etat afin d’y exprimer leurs projets de sociétés, leurs programmes, leurs revendications syndicales ou plus prosaïquement leurs idées. Ces « aventuriers » à la suite de leurs devanciers comme le regretté Mame Less Dia ou encore le doyen Boubacar Diop de « Promotion » et tous les autres pionniers de la presse privée au Sénégal, ont cherché eux, à faire choir les cloisonnements, à agrandir l’offre d’information, à démocratiser la parole et le savoir, à élargir par conséquent l’expression citoyenne, les libertés, toutes les libertés en apportant leur pierre à la construction de la démocratie d’opinion qui avait pris racine dans leur pays. Ils l’ont si bien réussi,-les quatre mousquetaires (Sud, Walf, le Cafard Libéré et le Témoin), même si le chemin est loin d’être sans accros,-que la plupart des formations politiques du pays abandonnèrent leurs organes d’information. Qui se souvient de « Gestu », de « Vérité », de « l’Unité », de « Dan doolé bi », de « Xarébi » pour ne citer que ceux-là ? Pas les jeunes générations dont certaines animent aujourd’hui nos colonnes en tout cas. Ces organes étaient devenus coûteux et peu productifs, à l’exception, il est vrai du journal du Parti démocratique sénégalais (Pds), « Sopi ». Les journaux des partis ont disparu les uns après les autres.


On s’évertue désormais, au niveau des appareils politiques de tous bords à être présent dans les réunions de rédactions de cette presse privée, qui est qualifiée d’indépendante, on fait tout pour que ses moindres activités soient relayées par celle-ci. On a ainsi plus de visibilité pour son parti, ses idées, ses programmes et ses projets mieux que ne le rende son propre organe d’information même si c’est de manière professionnellement critique ou devrait l’être. Qu’importe on est relayé sans grands frais. Ainsi si le combat pour l’accès aux médias d’Etat reste encore d’actualité, il n’est plus une sur priorité comme il l’a été il y a seulement 25 ans en arrière. Tiens, tiens, l’âge de SUD ! La presse privée comble le gap ou point de se voir affublée du titre de presse d’opposition, sinon d’opposant tout court par tous les pouvoirs en place d’Abdou Diouf à Abdoulaye Wade.

Thièmokho, « l’Homme » dans ta langue paternelle, appellation qui caractérise si bien ton caractère trempé, ton courage et ton abnégation à saisir l’instantané, à fixer pour la prospérité l’événement, à prendre la photo parlante comme ce cliché des « tabassés » de l’opposition, où on distinguait l’actuel M. Discipline du Pds, Abdoulaye Faye, Abdoulaye Bathily de la Ligue démocratique, pris au collet par des forces de l’ordre qui ne souriaient point, ces plumes à la parole qui se fait aristocrate revisitent également pour nous l’histoire récente du Sénégal post indépendance et la marche en dent de scie de sa démocratie en construit perpétuel. Par la magie du Net et grâce aussi à ce support irremplaçable qu’est et demeure le papier journal que l’on conserve si précieusement, souvent comme une relique dans le coin d’une bibliothèque : leur« SUD». Ils le font avec tant de générosité, dans un esprit de confraternelle camaraderie et un souci presque tyrannique de montrer au monde entier leur appartenance ou leur partage d’une idée et d’un mouvement qu’ils prouvent en marchant : Idée et mouvement : SUD. Ils sont SUD, le réclament, le font savoir pour que nul n’en ignore. Notre lectorat ne s’y trompe point. La preuve : les intenses, parfois émouvantes et denses  réactions d’encouragement, de soutien « militant » et de témoignage qui fleurissent dans le forum depuis le début et qui s’intensifient à mesure que s’égrènent les « papiers » sur les 25 ans de SUD. N’est-ce pas le « Vrai », mon « beauf » de Lyon, qui aime bien discuter non sans pertinence, nos papiers? Ils sont nombreux qui, comme lui, restent attachés à SUD.

Depuis 25 ans, Thiè, SUD s’emploie avec les autres, tous les autres qui partagent avec lui la même conception du rôle social des médias à informer juste et vrai pour reprendre l’expression de l’autre. Thiè, depuis sept ans, rien n’a été pourtant épargné à ton journal, à ses principaux dirigeants, au groupe tout entier de la part d’un pouvoir qui s’est manifestement trompé d’adversaire, oubliant ou feignant d’oublier les immenses services que le groupe rend au quotidien en faisant simplement son métier qui est d’informer, au plus grand nombre, à la démocratie . Malgré son agression caractérisée, les vicissitudes et les aléas d’une conjoncture politico-économique nationale des plus défavorables, l’importance d’une concurrence de plus en plus hardie qui nous dispute fort heureusement l’offre d’information et l’espace médiatique, le groupe Sud Communication est resté debout, digne et fier. Droit dans ses bottes. Depuis sept ans, personne ne nous a pris à défaut d’une information non vérifiée. Nous nous sommes, Thiè, évertués à faire notre boulot et avons fait le pari de publier chaque jour, qu’il vente ou qu’il pleuve, le journal. De remettre l’ouvrage sur le métier, infatigablement, inlassablement. Une parution qui hier, comme aujourd’hui est à équidistance de toutes les coteries, tendue seulement vers l’agrément d’un lectorat qui se recrute partout, au niveau de toutes les couches et segments de la société.

Au moment où au Sénégal, depuis l’avènement de l’alternance politique au sommet du pouvoir, on assiste à un intérêt accru pour la presse privée et les moyens de communication de la part du pouvoir dit libéral en place. Un intérêt certainement politique qui cherche à défaut de domestiquer les rédactions, de les casser ou tente de les « neutraliser ». Quasiment tous les ministres et/ou hauts responsables ont leurs propres organes de presse parfois avec radio sur la bande Fm et publication et n’eut-été certainement la lourdeur des investissements nécessaires pour la télévision, ils auront chacun sa télé. Evidemment, il serait intéressant de connaître l’origine des fonds investis et leurs montants. La LCA, notre télé créée là-bas en France avant 2000 n’a finalement pas été délocalisée, malgré les promesses de la lune de miel. Personne ne nous a entendus pleurnicher. Il est vrai que Babacar comme Ndiaga ont veillé au grain. Ils ont empêché les embardées et les dérapages. Ils ont gardé le cap et comme des vigies vigilantes, ils ont tracé l’itinéraire. Ils ont rassuré un personnel jeune et dévoué qui a vu dans leur détermination, motif de continuer le combat du maintien. Et demain, de la relance.

Parce que SUD est un esprit et un idéal. Un esprit qu’ils ont su forger, que Henriette Niang Kandé, Abdoulaye Thiam, Bacary Dabo, Omar Diaw, Chérif Faye, Bacary Domingo Mané, l’inaltérable Abdou Fall, véritable mémoire vivante de la maison ; Moctar Dieng, Mame Ali Konté, Mamadou Mika Lom, nos fidèles correspondants régionaux parmi lesquels, Samba Niébé Bâ de Mbour, Abdoulaye Fall de Kaolack, Omar Seydi et Moussa Dramé de Kolda-Sédhiou, Ignace Ndey, Boubacar Tamba de Saint Louis, le service administratif et commercial, Charles et Diadine, Maguette et Fatou, Karine, Ami Sakho et Mame Fatou, la liste n’est pas exhaustive et tous ces stagiaires dont certains se sont incrustés, ont maintenu le flambeau dans un esprit à défaut d’équipe, de solidarité admirable.

Certes, cela n’a pas été toujours vrai pendant ces années d’endurance et d’épreuves. Il s’est trouvé des moments où le désespoir a pris le dessus comme ce jour là où une partie du personnel décida volontairement de bloquer la parution du journal en sabotant le réseau et en emportant les fichiers. Babacar refusa de sévir, car pour lui, SUD est une famille. Le père de famille ne saurait être qu’un rassembleur. On passa donc l’éponge et avec  le sentiment d’accomplir quelque chose d’historique, on continua dès le lendemain à produire le journal. Dans 25 ans, quand tout cela ne sera que, comme pour ces 25 ans que nous fêtons sobrement mais non sans joie, souvenir, ils pourront dire avec fierté et une pointe de nostalgie certainement: « nous en étions ! » Nous en étions avec les hauts et les bas, les dépits et les frustrations, mais et surtout le sentiment d’accomplir sa mission et de faire mentir tous ces cassandres qui nous ont prédis une mort certaine au bout de six mois tout au plus quand le chef de l’Etat décida d’en découdre avec nous. Sans raison pourtant. Depuis dix ans, la forteresse brinquebalante, vacillante même a cependant tenu, avec la hargne de ses jeunes défenseurs. Par quel miracle, se demandent-ils certainement. Celui d’un Esprit et d’un  idéal que sont SUD simplement !


Oui, Sud est une famille. Une famille de professionnels de l’information et de la communication sociale certes, mais et avant tout une famille de militants pour un pays, le Sénégal, pour un continent, l’Afrique. SUD entend demeurer à la pointe du combat d’autant plus que ses fondateurs ont joué leur participation dans ce qui s’est fait ces 30 dernières années au Sénégal, sur le continent et ailleurs dans le cadre de la défense et l’illustration des principes universels du journalisme et de l’organisation du secteur de la presse. Et continuent de le faire avec la même ardeur, le même engagement du début. Constants. C’est ça aussi SUD.
 
Commentaires (2 )
 
 

Meissa Mbar 30/05/2011 | 12H12 GMT

Merci Madior Birima Meïssa Tend.
Niani Bagne na. Sud aussi bagne na.
Quand on refuse, on dit non clairement.
Dieu sauve le Sénégal.
DMF

 
 
 
 

Juliette Ba 24/06/2011 | 09H41 GMT

Merci waye mMadior, ci kanam !

 
 
 
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Pour l’Afrique (paru dans le 1er numéro de Sud Magazine- Mars 1986)
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