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DEGN-KUMPË - Par Abdoulaye Cissé
SUITE ET PAS FIN DES REBUFFADES DE MAGISTRAT : De quoi parle-t-on, Monsieur le juge ?
Abdoulaye CISSE | 22/02/2017 | 10H34 GMT
 
Il ne faudrait pas qu’une actualité vienne passer par « pertes et profits », la dernière rebuffade dans la magistrature symbolisée par la démission avec fracas du juge Dème, de l’instance du Conseil Supérieur de la Magistrature. Pas même l’euphorie d’une invitation d’honneur faite au Président Macky Sall à l’occasion de la 55éme commémoration de l’accession de la Gambie à la souveraineté internationale, où le Sénégal du folklore a cru devoir ravir la vedette au peuple Gambien lui-même. Pas même le tout nouveau feuilleton politico-judiciaire qui met encore au devant de la scène tous les acteurs de cette «tragédie de notre jeune démocratie » avec tous les ingrédients  d’une justice «téléguidée» à tord ou à raison par le politique, ou à tout le monde par un agenda politique. Il ne faudrait surtout pas que les mots pour le moins attendrissants du chef de l’Etat traduits dans le communiqué du conseil des ministres à l’endroit de la magistrature, viennent réserver un enterrement de première classe à cette rebuffade, pour faire finalement comme si de rien n’était.
 


Faudrait réellement savoir de quoi on parle ! 
 
Cette rebuffade du juge ne peut pas simplement être circonscrite à un problème de consultation régulière de l’instance du conseil supérieur de la magistrature. Le diagnostique est implacable, d’une justice qui ne marche pas ; d’une justice qui ne le rend pas bien à ses administrés ; d’une justice soumise.
 
Alors, Monsieur le juge, de quelles nominations parle-t-on ?
 
Le Sénégal est juste un petit pays, par son nombre d’habitants, et ne peut se permettre d’avoir des juges pas bons, des juges pas habités par la charge de la responsabilité de rendre justice, des juges corrompus parfois même très pourris. Il est une litanie qui voudrait qu’on ne généralise pas, puisque tous ne sont pas pourris. Soit !
 
Mais pourquoi la justice serait le seul corps où la mauvaise graine infecterait impunément le reste de la troupe sans qu’on ait le toupet de le dire. Que sont ces genres de nominations auxquelles le juge semble tant tenir et qui ne sont que tambouille entre gens de la « bonne société » ? On ne peut pas se permettre d’avoir des juges consciencieux selon qu’on a nommé des « bons » ou recalés des « moins bons ». Car en définitive, ces nominations de juge sous l’œil vigilent et à l’avis du conseil supérieur de la magistrature, n’ont jamais réglé le problème de cette justice. Au palais de justice, tout le monde connaît l’histoire de ce juge qui a gagné ses galons avec la bénédiction de l’autorité politique et l’approbation de sa corporation et qui fait des pieds et des mains pour que le dossier judiciaire d’un dignitaire, qui a maille à partir avec la justice, atterrisse dans son cabinet. 
 
Ce juge n’a jamais caché son bonheur de faire tomber cette tête dans une instruction qui s’avérera plus tard bâclée. Son seul plaisir étant de faire payer celui qui avait eu le toupet de l’éconduire de chez lui lorsque lui, le juge, était encore étudiant et qu’il venait draguer la fille de ce dignitaire. Que vient faire un « khamméé ngama ? » comme première question dans le secret douillet d’un cabinet de juge. 
 
Non, un Boy disco revanchard sur la vie ne peut pas être un bon juge. En tout cas pas ce juge, dont on pourrait défendre la nomination passée entre les mailles du filet de ce conseil supérieur de la magistrature tant vanté et chanté. Au palais de justice, tout le monde a fini par connaître l’histoire de ce juge président d’une grande juridiction et qui a trahi jusqu’à son serment, et trahi la confiance de ses collègues qui l’ont longtemps présenté comme l’un des magistrats les plus intègres du pays. Son affectation à un autre poste avait fait sortir le conseil supérieur de la magistrature de ses gongs, criant au règlement de compte politique. C’était méconnaître jusqu’aux graves entorses des principes de droits de ce juge qui dépouillait des familles entières de leur héritage à son propre profit. 
 
Le garde des sceaux de l’époque n’a eu de choix que de le changer pour épargner la vie de ce juge, oui sa vie. Puisque le père de famille dépossédé s’est présenté en audience privée dans le cabinet du ministre de la justice et lui brandir son revolver avec la menace « Monsieur le ministre, ou c’est lui, ou c’est moi, si vous ne faites rien ». 
 
Le juge en question se reconnaîtra puisqu’il a été obligé lui-même de demander à ses collègues de la magistrature de «lâcher l’affaire, et ne pas faire du corporatisme sur son affectation ». Honteux !
 
En réalité, le garde des sceaux qui en avait marre d’être pilonné par le conseil de la magistrature sur ce dossier a dû menacer le juge véreux par un cinglant « maintenant tu arrêtes de te faire passer pour un chevalier blanc ou je balance tout ». Est-ce que c’est cela la justice qu’on veut dans ce pays ? Assurément non ! 
 
Est-ce que le conseil supérieur est une sorte de club de distributions de sinécures ? Dans la pratique, oui. Et, il ne devrait pas en être ainsi. 
 
La vérité est que, les juges, nommés par le pouvoir politique ont la possibilité de s’affranchir de toutes ces tutelles et de toutes ces pesanteurs. Si tous les juges étaient prêts à respecter leur serment de rendre justice en toute indépendance, le pouvoir politique n’aurait plus le choix d’en choisir des plus dociles ou des plus malléables. 
 
Est-ce trop demander à cette corporation ? Apparemment oui. 
 
Le juge dans sa rebuffade prend à témoin le peuple de l’interférence du politique dans les nominations de juges. 
On attend surtout de voir le juge qui prendra le peuple à témoin parce que refusant d’être le bras judiciaire du pouvoir politique qui hélas à chaque fois qu’il est coincé sur un dossier fait appel à la justice pour lui filer un coup de main. 
Personne ne brisera les chaînes de l’asservissement à la place des magistrats eux-mêmes. Il leur appartient de faire leur mue.   
Den.kumpe10@gmail.com
 
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