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| ECOLE POLYTECHNIQUE DE THIES |
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| Un creuset d'excellence en déperdition |
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| Ibrahima Baldé |
05/03/2013 | 01H27 GMT |
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| L'école polytechnique de Thiès (Ept) est entre le marteau d'un creuset d'excellence et l'enclume d'une école en déperdition. Une situation qui découle par la vétusté des bâtiments et l'obsolescence des matériaux dans les laboratoires. Avec une nouvelle équipe à sa tête, l'Ept a l'intention de s'assurer une nouvelle attractivité tournée vers la diversification des filières de formations. |
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L’Ecole polytechnique de Thiès (Ept) fait partie de ce lot restreint des établissements d’excellence au Sénégal qui se compte sur les doigts de la main. Crée en 1973, cette école est perdue dans cette brousse encore pleine d’herbes mortes qui en dit long sur l’hivernage fini depuis belle lurette. Située à l’entrée de la ville de Thiès, cet établissement est campé sur la route de Tivaouane. Le chemin semble être long pour y accéder, si l’on sait que l’école est loin de cette ambiance des marchés, des habitations, et encore. “Serigne bi (monsieur), il faut payer 800F Cfa parce que l’Ept est loin. C’est vers la sortie“, précise le taximan. Un prix dépassant de loin le tarif initial qui est de 500 F Cfa. Ce qui fait d’ailleurs la fréquence des moto-jakarta prisés par les étudiants et autres parce qu’étant à moindre cout. 400F Cfa pour le trajet.
A peine, le taxi prend la destination, on tenterait de dire que l’Ept et l’université se trouvent dans un milieu de nulle part. Le calme de cimetière emplit les lieux ou résonne le chant des oiseaux, certainement adéquat au style d’apprentissage des ingénieurs. Une flèche du tableau d’affichage nous indique la grande porte de l’Ept. L’environnement ne grouille pas de monde. Nous pouvons constater les vigiles justes à l’entrée. Un d’entre eux, se lève et se dirigea vers le véhicule. Pour des raisons de sécurité, le permis du chauffeur est exigé à l’entrée pour un éventuel enregistrement. Au moment de partir pour rejoindre les bâtiments administratifs, non loin, le vigile arbora son cahier pour enregistrer les données du permis. Une organisation qui reflète la particularité de cette école brillante toujours dans la formation des ingénieurs. Les anciens de l’établissement évoquent avec fierté polytechnique.
L’Ept comprend une gare routière pour le transport du personnel, un terrain de football, une piscine, les parties administratives et pédagogiques. Sans oublier la partie sociale qui accueille l’hébergement des étudiants, le service social avec l’infirmerie. Tout y est dans cet établissement.
Jouissant d’un grand prestige dans l’enseignement supérieur au Sénégal, Polytechnique est en passe de perdre cette notoriété avec des difficultés relatives à son fonctionnement.
La vétusté des logements des enseignants, des salles de classes, l’obsolescence du matériel des laboratoires conduisent l’école vers une nouvelle impasse sans précédent. A cela s’ajoute l’arrêt de l’imprimerie, le déplacement de la bibliothèque et encore.
«Vous voyez l’imprimerie ne marche plus. Pratiquement, tous les cours sont tirés. C’est un handicap. La bibliothèque a été déplacée. Elle se trouve de l’autre bout. D’ailleurs ce qui explique la baisse de sa fréquentation. Auparavant, elle était, comme vous le constatez entre les salles de cours et les laboratoires», souligne le Directeur de l’Ept, El Hadji Bamba Diaw au cours d’une visite guidée.
Les bâtiments ne résistent plus à l’épreuve du temps. Il faut se diriger vers l’extrême gauche du bâtiment de l’administration pour mieux constater l’état de délabrement avancé des locaux construit en 1973, date de la création de l’école. On ne peut pas y accéder pour des raisons de sécurité. Mais de l’extérieur, on peut entrevoir un enchevêtrement de ferraille ocre.
«C’est le problème principal que l’on vit. Si vous faites un tour du secteur pédagogique, vous vous rendrez compte de la vétusté de ces infrastructures. La plupart de ces bâtiments datent depuis la création de l’école. En ce moment, certains bâtiments ne sont pas occupés par mesure de sécurité. Les équipements pédagogiques sont obsolètes parce qu’ils datent de 1973», affirme le Directeur des Etudes de l’Ept, Salam Sawadogo.
Les bâtiments visités ont subit des tassements importants faisant apparaitre des fissures sur les murs. Tous ont été fermés par des Cardenas. Les lieux ne sont plus fréquentables. Même cas de figure pour certains logements des enseignants situés en face de l’administrative. Les enseignants, faut-il le rappeler, sont logés au même titre que les étudiants au sein de l’école.
“Nous avons fait un plaidoyer pour l’obtention de nouveaux matériels parce que les étudiants doivent être au diapason du monde moderne. Dans le cadre du Budget d’investissement consolidé (Bci), nous allons recevoir 200 millions pour les équipements pédagogiques et 150 millions pour la réfection des salles de classes, laboratoires, l’amélioration de la capacité d’accueil“, indique le Directeur des études.
En attendant de recevoir les financements, l’obsolescence des équipements est notoire. Ce qui conduit d’ailleurs aux polytechniciens de faire les travaux pratiques au lycée technique de Thiès ou à l’université de Saint Louis. Deux structures qui disposent de laboratoires modernes.
«L’école fait une formation à caractère technique, donc les laboratoires sont obligatoires. Du coup, nous prenons en charge tous ces déplacements», ajoute M. Sawadogo.
« Une situation qui plombe la compétitive de l’école. Toutefois, la qualité des enseignements et la bonne image de l’école restent les principales forces de l’Ept. Cela se traduit par une facile insertion des diplômés de l’école sur la marché national et international», lit-on dans le document intitulé “Plan stratégique de l’Ept (2013-2017) “.
L’Ept compte en son sein 280 étudiants, répartis dans quatre départements. Il s’agit du département de tronc commun en première et deuxième année. C’est une classe préparatoire ou les étudiants vont suivre une formation de mise à niveau et d’approfondissement dans les matières notamment maths, physique, technologique. Au bout de ces deux ans, les étudiants seront orientés dans les différents départements notamment Génie civil, Génie électromécanique et Informatique télécommunication. Pour pouvoir bénéficier de cette formation, l’Ept organise à l’endroit des élèves des classes de terminales scientifiques et techniques (S1, S2, S3, T1), un concours d’entrée dans toutes les régions du Sénégal.
Autre particularité de cet établissement est que la nomination du Directeur se fait par les enseignants en exercice à l’Ept à l’issue des votes pour un mandat de 3 ans, renouvelable une fois. Pareille procédure pour le Chef de département mais cette fois ci élu par ses pairs dudit département.
L’Ept a toujours été constituée comme une aubaine pour la cité du rail et a formé huit cent quatre vingt quatorze ingénieurs en Génie civil et Génie Electromécanique, toutes nationalités confondues qui ne cessent de faire preuve dans la sous région.
«La vision est donc celle d’une école d’élites, plus que par le passé, au service du développement durable, enracinée dans la tradition d’excellence. L’Ept envisage la mise en place des laboratoires de recherche au diapason du monde moderne mais aussi de nouvelles filières pour participer à la production et à la diffusion du savoir pour le développement du Sénégal », avait déclaré le Directeur de l’Ept,El Bamba Diaw lors de la cérémonie d’ouverture des journées de réflexion qui se sont tenues les jeudi 28 et vendredi 1 mars 2013.
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