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BABACAR TOURE A LA TETE DU CNRA
Un homme du sérail pour observer les médias
08/09/2012 | 03H35 GMT
 
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Babacar Touré. Entre ce nom et la presse, le lien semble avoir toujours été là. En faisant le tour de la question au cours des 40 dernières années, on peine à savoir qui de Touré ou la presse a tiré (et tire encore) l’autre vers le haut.
Le Sénégal avait déjà son « Paris-Dakar », journal au nom évocateur d’une époque coloniale dont l’administration enregistra la naissance d’un certain Babacar Touré. Par les ondes, Radio Sénégal s’écoutait déjà dans les hameaux du pays. 

 

Depuis, et jusqu’aux actes qui en feront l’homme aux solides relations, plusieurs tentatives avaient fait irruption dans le paysage médiatique pour de brèves apparitions sans lendemains et, dans le meilleur des cas, pour finir par baisser pavillon, soit avec la mort du promoteur, soit parce que l’exigence de moyens avait limité les ambitions. A la notable exception de Walfadjri, aujourd’hui encore dans le peloton de tête de la presse privée, il sera difficile de trouver dans cette catégorie, un titre ayant la longévité de Sud. Longévité mais surtout de la notoriété adossée sur une incontestable crédibilité.

Difficile de trouver un Sénégalais, un Africain ou un intellectuel hors du continent, qui n’associe Sud Communication à son nom. Babacar Touré a été  de tous les combats pour la liberté de la presse au Sénégal et en Afrique de l’Ouest notamment.

Membre fondateur de l’Unpics (Union Nationale des Professionnelles de l’Information et de la Communication du Sénégal) devenue plus tard le Syndicat le plus représentatif de la corporation sous le sigle de Synpics, à l’origine de la création de l’Union des Journalistes d’ Afrique de l’Ouest (Ujao), Babacar Touré a inscrit son nom dans les plus belles pages du pluralisme médiatique. L’idée de lancer un magazine pour accompagner le combat de l’unité africaine a certes été concrétisée par un petit groupe de 5 jeunes journalistes. Mais chacun des fondateurs de Sud Magazine (1985) reconnaîtra avoir été d’abord contacté par Babacar Touré. L’aventure connut un succès d’abord par son orientation panafricaniste, mais aussi parce que les fondateurs de Sud avaient la particularité, dans le contexte de l’époque, de n’être «le fils» de personne, le «neveu» de personne, le «frère» de personne. A l’état civil on les a enregistrés presque tous loin de Dakar. Partis de rien, la bande des 5 - dont son président - a surtout profité du carnet d’adresses de ce dernier qui avait eu l’avantage d’avoir travaillé aux côtés de Jacques Bugnicourt, fondateur de l’Ong Enda-Tiers Monde.

Mais Babacar (c’est ainsi que tout le monde l’appelle affectueusement si ce n’est BT ainsi hérité des initiales au bas d’articles de sa volumineuse production journalistique) a également un cursus plutôt impressionnant. De l’Université de Dakar (Cesti) à des Institutions américaines d’Enseignement Supérieur, l’homme s’est forgé une carapace d’intellectuel de haut niveau. 

Pour le développement de la presse et la diversité de l’offre d’information, le pionnier et l’aventurier se confondent en Babacar Touré. Le projet de Sud Communication de création d’une radio avait été aussi paradoxal que le lancement, à Paris, d’une télévision privée, parce que celui qui en a été à l’origine venait justement de la presse écrite. Mais on a comme le sentiment que pour BT, rien qui aide à la pluralité de l’expression démocratique ne peut être de trop, comme ne peut être incongru le fait de tenter.  Ainsi, c’est avec Sud Communication que le Sénégal a connu son premier groupe de presse à l’origine du premier quotidien privé (Sud quotidien) de la première radio privée (Sud FM) de la première télévision privée (LCA, basée en France) et du premier Institut privé de formation des journalistes (Issic).

Autant d’initiatives qui l’emprisonne dans l’univers des médias et le responsabilise chaque jour un peu plus. Sud Communication qui était jusqu’ici son vrai port d’attache s’est illustré dans des luttes dont le Groupe n’est pas toujours sorti indemne, mais cela lui a appris à bien faire face à l’adversité et à identifier les obstacles. Ainsi, lorsque c’est un concurrent qui traverse des difficultés, le président Touré s’empresse de voler au secours avec comme philosophie d’action, que toute menace contre un titre constitue un danger pour toute la presse. Il en a découlé pour les structures du Groupe, un esprit fondé sur la solidarité, la confraternité et une combativité qu’aucune pression n’a jamais fait baisser d’intensité, chaque fois qu’il y a eu un semblant d’atteinte à la liberté de la presse, d’où qu’elle vienne. Mbaye, comme l’appellent d’autres, est à la fois rebelle et consensuel.

Le dogmatisme, il ne connaît, le sectarisme, il s’en éloigne. Mais les concessions susceptibles d’affaiblir la corporation des journalistes et techniciens de la Communication sociale, il n’en veut pas non plus. Voila pour son côté rebelle. Babacar Touré a paradoxalement su allier les qualités de manager avec celles du père de famille, de l’aîné, du confrère, selon les cas. Il n’est pas leader d’un clan face à d’autres. Cela lui vaut respect et considération à tel point que, de Abdou Diouf à Abdoulaye Wade, chaque président de la République du Sénégal a voulu profiter de ses idées, de son influence et de ses relations, même internationales.

Dans la sous région et en Afrique centrale, de Bamako à Conakry, de Nouakchott à Abidjan, de Libreville à Brazzaville, en passant par Niamey et Yaoudé, Lomé ou Cotonou, il n’a pas manqué de chefs d’Etat anciens et actuels, d’organisations de défense des droits de l’Homme, de structures luttant pour la démocratie, pour faire du Président de Sud Communication l’homme à consulter dans les moments de crise, mais également quand l’embellie pointe à l’horizon.

La société civile au Sénégal le considère comme l’élément incontournable dont les avis comptent énormément. Il n’est pas politique, au sens partisan du terme. Un éminent homme politique de ce pays le compare volontiers à « dix partis réunis ».

Voila le journaliste que le Président Macky Sall vient de porter à la tête de l’instance de régulation de l’audiovisuel. Plus qu’un homme du sérail, Babacar Touré est un élément central du monde de la Communication. En le nommant  au Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra), le Chef de l’Etat a fait le choix risqué de mettre le loup dans la bergerie. Sauf que dans le cas d’espèce, nul ne risque rien, sauf à choisir de se mettre toute la communauté à dos, par des débordements susceptibles de menacer la sécurité des individus et la crédibilité de toute la profession. 
 
L’homme n’est pas manipulable ; il est plus porté à défendre la corporation sous l’angle des valeurs qui font qu’une femme dans les médias, un homme dans les médias puisse avoir le droit de dire, « je suis journaliste », ou « je suis un technicien de l’information et de la communication ».

On dit la presse en zone de turbulences ; la voici sous le regard d’un complice et observateur avisé. L’éthique et la déontologie au service de la démocratie, il y a des décennies que Mbaye travaille à en entretenir le compagnonnage et la complémentarité. Le président de la République vient de lui donner l’occasion de servir la profession, dans une posture autre que celle qui a fait que Babacar Touré soit rendu incontournable lorsqu’on parle de médias dans la démocratie en Afrique et au-delà.


CV de Babacar Touré

• Sociologie et Sciences politiques : Master Degree ;
• Journalisme et communication : Diplôme supérieur de journalisme ;
• Anglais : Certificat de Maîtrise (Proficiency)

Universités

• Université de Dakar
• Institut français de presse – Audecam, Paris – France
• Centre de Perfectionnement des communicateurs africains – Université de Montréal- Canada ;
• Michigan State University, East Lansing- Michigan, Usa ;
• Kansas State University, Manhattan Kansas – Usa
• University of Kansas, Lawrence, Kansas- Usa
L’homme a occupé différentes fonctions dans des institutions sénégalaises, africaines et hors du continent.
•  Conseil économique et social de la République du Sénégal
•  Bureau de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes)
• Société de Sociologie du Midwest (Midwest Sociological Society, Des Moines, Iowa) ;
• Réseau du National Democratic Institute for International Affairs (NDI- Usa)
• Institut Panos (Conseils d’administration de Panos-Paris et Panos-Londres)
• Collège des Conseillers africains de la Banque mondiale (World bank Council of African Advisors, Office of the Vice-président- Af

 
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