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DEGN-KUMPË - PAR ABDOULAYE CISSE –
UNE AFFAIRE DE «BUZZER» !
Abdoulaye CISSE | 18/01/2017 | 09H09 GMT
 
Au départ, aussi loin que je ne me souvienne, le verbe « buzzer » était lié à la belle épopée des «génies en herbe ». Qu’il me soit donné ici de rendre hommage au doyen Martin Faye qu’il nous a été donné de revoir dans un excellent reportage portrait sonore diffusé sur la télévision nationale, la RTS, ce week-end. Le précurseur de cette belle émission à la fois éducative et récréative, est resté puriste jusqu'à ses pointes de cheveux blancs qui trahissent le poids des années passées à manier le micro.
 
Que dis-je ? A former des générations et des générations de journalistes, et comme si bien restitué dans le reportage, à arpenter l’Afrique, à monter des dizaines et des dizaines de radios, même communautaires. Au-delà de l’hommage vivant à Martin, ce reportage est surtout une mine d’informations souvenirs qui vous arrachent forcément une pointe de nostalgie. Et ce n’est pas pour faire dans les lieux communs du genre « c’était mieux avant », mais il nous faudrait revenir à l’orthodoxie de ce métier cher à Martin Faye. De penser que le « géant » Martin Faye toujours reconnaissable à sa tignasse a été interdit d’antenne et mis au frigo à radio Sénégal sur instruction du président Léopold Sédar Senghor parce que Martin, le jeune sérère, ne roulait pas suffisamment les « r », n’articulait pas assez au goût du poète-président. Dis de cette manière, ça peut paraître très court, mais quand on voit ce que le jeune Martin est devenu, on a de quoi être fier ! Martin ne s’en offusque pas, il raconte plutôt l’anecdote pour rappeler qu’il a dû se consacrer à présenter « le journal à blanc » pendant des mois pour refaire sa diction.
 
Que ceux de la génération d’aujourd’hui qui savent ce que c’est un journal à blanc, lèvent la main ! Non je veux dire, vous vous imaginez aujourd’hui faire faire un « journal à blanc » pour parfaire la formation des journalistes radio et télé, pour ne parler que de ces deux médias – je crains que les rédactions ne soient trop dégarnies. Martin, nous ramène le souvenir de ce qui a fait sa marque de fabrique pour beaucoup d’entre nous – la présentation de l’émission « génies en herbe ». Et là, sacrilège !
 
 L’émission s’est arrêtée pour une histoire de « buzzer ». Plutôt, parce que le matériel électronique (je suppose les buzzers) ont été mal stockés d’une année à l’autre et bonjour les dégâts.  C’est vrai pour une affaire de génie, ce n'est pas géniale ça ! Cette autre anecdote, c’est aussi et surtout la faillite de notre « génie » de sénégalais. C’est vrai qu’on n’a pas inventé l’aiguille, mais inventer un moyen de « buzzer » pour distribuer la parole et répondre aux questions, ne devrait pas être un défi insurmontable pour tous ces génies passés par ce plateau de Martin Faye.  Ils avaient pour nom, Ibrahima, Mamadou, Elimane, Xavier, Thomas, Felwine, Alassane, Ngor, Souleymane, Ndofféne, Marianne, Cyprien, Bruno, Khayoba, Moussa, Mounirou, Yérim, Mayoro . . . pour ne citer que ceux là. 
 
A-t-on seulement capitalisé sur les acquis de ces différentes générations pour bâtir quelque chose de pérenne? Pas sûr ! J’ai surtout la nostalgie de ce mot, pardon de ce verbe «buzzer» qui était assurément lié à notre génie, à quelque chose de stimulant, à une compétition saine, qui donnait le top pour « la bonne réponse ». 
Comment se fait-il aujourd’hui que le « buzz » soit passé au scandale, au scandaleux, au tordu, au superficiel, au futile. Figurez-vous, on a changé d’époque et aujourd’hui je me méfie de celui dont on dit qu’il fait le « buzz », c’est toujours objet de scandale. Comment ça se fait ? Merci Martin, j’allais dire « Merci pour ce moment », pour cet intermède. J’ai surtout appris qu’il y’a hélas des débats qui ne seront jamais épuisé. Même quand on est à la RTS, un média d’État et (et donc partisan pour le commun des sénégalais), on est pas à l’abri de la censure parce qu’on s’affranchit de toutes les fioritures qui parasitent le métier de journaliste. Encore qu’il faudrait qu’on ait le culot de Martin pour oser « équilibrer » l’information au risque de se faire réprimander du tout puissant ministre de l’information de l’époque qui explique au Grand Martin « c’est quoi une revue de presse ». Pardon pudeur, Martin ne nous dit pas tout . . . mais il y’a de ces noms qui seront à jamais liés à la censure, à l’entrave à la liberté de la presse et d’expression au Sénégal. C’est peu glorieux pour son auteur. Il a le droit qu’on ne réveille pas le souvenir pour le mentionner. 
 
Décidément, le Sénégal a bien évolué et les mots hélas perdent leur sens.
Merci Martin, merci pour ce moment !
 
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