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| Une évolution prévisible |
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| Publié le 01/02/2012 | 03H36 GMT |
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| La devise des libéraux était: vaincre ou périr, travailler pour changer, alterner pour mieux faire. Alors souhaitons-leur de ne pas mourir car ils n'ont ni vaincu, ni travaillé ni fait mieux. Tout au contraire ! Voyons le bilan : 4000 yeux de Caïn qui les regardent du fond de l'océan, 15 meurtres par balles, 10 campagnes non agricoles, 17 balafres sur la Constitution qu'eux-mêmes ont élaborée et fait voter, 408 ministres en 10 ans ,13 ministres d'État ! Fait unique au monde. Une école et une santé à terre, une misère sociale endémique, une fracture politique saignante. |
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La grande euphorie et l'enthousiasme qui ont suivi les lendemains de l'alternance avaient suscité beaucoup d'espoir et fait croire à beaucoup de Sénégalais y compris les politiques les plus avertis, que le grand soir était arrivé .Cette alternance tant souhaitée a été chantée et saluée ici comme ailleurs car l'espoir était grand. Des hommes politiques à l'expérience avérée, dans le même mouvement d'enthousiasme populaire ont sabordé leur idéologie sans avoir, à l'exception de quelques uns, analysé de façon lucide et approfondie la situation d'alors et les perspectives.
Ce fut une erreur politique qui s'est avérée grave pour l'évolution démocratique du Sénégal.La CA 2000 a été une alliance contre nature disait certains. L'histoire leur a donné raison .La stature, les gestes et le ton de Wade lors de sa prestation de serment de 3 avril 2000 au stade Léopold Sédar Senghor, annonçaient la couleur. Utilisant un populisme et une démagogie sans retenue, il disait au Sénégal et ce qu'ils voulaient bien entendre, aux jeunes désabusés ce qu'ils aimaient écouter. Les faits et résultats ont démontré qu'il n'y croyait pas, et que plus il en parlait, moins il y croyait. Et pourtant, la situation dramatique que nous vivons aujourd'hui était prévisible et inscrite dans le tempérament de cet homme ombrageux, égoïste, assoiffé de pouvoir personnel, dépourvu d'éthique politique et qui n'a aucun scrupule pour se maintenir au pouvoir.
De la suppression du quart bloquant au projet de loi portant ticket présidentiel, tout démontre qu'il ne reculera devant rien pour conserver le pouvoir. Pourtant, quelques sages sénégalais et rares hommes politiques avaient senti dès le départ cette propension de l'homme à la trahison. Aussi, se sont-ils évertués à avertir, à dénoncer ce qu'ils voyaient poindre à l'horizon. Personne ne voulut les entendre. La formidable clameur née de l'alternance avait couvert leur voix. Le référendum de janvier 2001 a été révélateur de la naïveté peut-être d'une certaine classe politique. À l'exception du PIT, du Jëf Jël et du Niax Jariñu qui avaient appelé au boycott, aucun autre parti n'a voulu entendre raison ; or, il était clair que le projet portait en lui-même les germes de la monarchisation du pouvoir, parce qu'octroyant au président de la République des pouvoirs que ni Senghor, ni Diouf ne s'étaient donnés.
À l'alternance, le PDS était confronté à un déficit de cadres et de compétences. Le sachant Wade et Idrissa Seck de ont utilisé la manière de la Gestapo avec l'utilisation des audits pour encourager la transhumance, pratique politique déshumanisante, infamante et avilissante. Alors que des hommes et des femmes patriotes, désintéressés, aux mains propres et à la compétence et à l'expérience confirmées sont laissés à la périphérie. Il inaugure ainsi la promotion de ses adversaires de toujours. Poursuivant sa logique du service bien fait, il promeut des minables, des individus étroits d'esprit, bourrés de complexes. Ce sont ces gens qui sont nommés ministres, PCA, directeurs de société, ambassadeurs, sénateurs… Tout le monde se rappelle ce président du groupe parlementaire esquissant des pas de danse à l'assemblée Nationale lors de la mise en accusation d'Idrissa Seck. Quelle insulte au peuple sénégalais!
L'alternance n'a été pour Wade et compagnie qu''une aubaine pour réaliser leurs rêves de jeunesse. Prenant le Sénégal comme leur bien propre, ils ont installé la foutaise au sommet de l'État. Aujourd'hui, on y assiste à une fantasia à la mexicaine, à une bamboula à l'italienne, au rire jaune des mafieux d'une camorra tropicale.
Pour mettre fin au je-m'en-foutisme de ces magouilleurs, détourneurs des deniers publics, de ces francs-maçons, ceux-là qui, il y a peu, vivaient de pitance, il faut une alternative. Le mouvement né du 23 juin 2011, en est un jalon important.
Pour stabiliser la paix sociale et la démocratie au Sénégal, il faut barrer la route aux tontons macoutes. Pas de Duvalier ni d'Eyadema ou de Bongo fils au Sénégal. C'est pourquoi 2012 et un test grandeur nature. Benno, la société civile et tous les autres patriotes avec comme tableau de bord la Charte de bonne gouvernance des Assises Nationales, peut être une solution .Les réformes institutionnelles, fondées sur le nécessaire équilibre des pouvoirs sont un gage de sécurité.
L'absolue séparation des pouvoirs, avec comme corollaire la primauté du législatif et l'indépendance totale du judiciaire doit être de mise. La limitation en amont et en aval de l'âge auquel tout candidat doit se soumettre est un impératif. Les sénégalais ont appris à leurs dépens qu'il n'est ni bien ni politique, pour une démocratie qui ne soit pas de façade, qu'un seul homme se pérennise pour pouvoir. "La sorcellerie est née à la suite d'un isolement durable dans un manoir, car on y développe des réflexes haineux" dit un proverbe breton.
La refondation de l'État est donc un impératif; car sous Wade, il s'est étiolé aussi bien dans l'esprit des citoyens que dans la réalité quotidienne. C'est ce dépérissement de l'État qui favorise les desseins machiavéliques pouvoir libéral.
Debout Sénégalais et marchons!
Par Abdoulaye DIALLO, professeur, Rufisque |
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