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Une histoire d’amitié assumée
Abdou FALL | 03/06/2011 | 07H25 GMT
 
Si j’ai tant tardé à partager avec l’opinion « mon Sud à moi» c’est parce que j’étais écartelé jusque là,  entre l’approche de raison et l’appel du cœur en ce qui concerne la lecture de mon rapport  à « l’idée Sud ».
 
J’ai finalement pris le parti d’aller dans la direction que je sentais le mieux, celle que m’indique mon cœur. L’histoire de mon rapport avec Sud est, en mon âme et conscience, indissociable des liens d’amitié et de fraternité qui m’unissent à Babacar Touré.


C’est par et à travers lui que j’ai vécu ma part de Sud.


 Ayant partagé avec Babacar les années folles de notre jeunesse « soixante huitarde », années de tous les rêves, de toutes les ambitions, mais aussi de tous les défis, grande a été notre fierté de voir un des nôtres réussir dans le champ qui est le sien un projet aussi brillant.


La réussite du projet « Sud » était pour,  la preuve que notre engagement pour la transformation qualitative de notre société dans une ligne conforme à nos valeurs ne relevait pas de l’utopie.


Babacar, contrairement à nous qui étions encore fermement enracinés dans la ligne du combat politique partisan, avait opéré ce qu’on appelait « un transfert d’humanisme » dans le champ médiatique. Il administrait ainsi la preuve  que les hommes et les femmes de notre génération, produits de la culture du militantisme avant-gardiste,  étaient capables de proposer, dans l’espace politique social et démocratique, une offre sérieuse, rigoureuse, professionnelle et crédible.


C’est pourquoi Sud, pour nous, était certes un projet médiatique, mais il était surtout l’expression d’une autre manière de penser et de conduire une entreprise de changement, de transformation des rapports entre des composantes majeures de l’espace démocratique et politique.


Sud a ouvert la voie à une presse libre et indépendante. Il a porté la voix des « sans voix ». Il a promu une ligne éditoriale rigoureuse et audacieuse. Il a su concilier avec élégance, liberté et responsabilité. Et c’est tout cela à la fois qui a fait de Sud, et un pionnier, et une référence, et un modèle.


L’entreprise Sud a été aussi un beau fleuron de l’industrie culturelle que Babacar et les amis qui l’ont  accompagné dans cette belle aventure ont su manager avec efficacité et brio. Car n’oublions pas qu’une entreprise de presse est aussi une entreprise tout court, dont le développement et la réussite sont fonction de la qualité de son management. Et comme aimait à le rappeler un ami et  brillant collaborateur, Aziz Diop qui fut mon Directeur de Cabinet au Ministère de la Santé, reprenant un de ses professeurs : « l’entreprise connaît deux types de managers, celui qui est assis sur le fauteuil pour surveiller l’entreprise et celui qui est sur l’entreprise pour surveiller le fauteuil ».


Et c’est précisément parce que l’entreprise Sud a été administrée depuis toujours par un capitaine tenant solidement la barre, qu’en dépit des tempêtes traversées, le groupe et surtout l’idée Sud resteront  présents comme composantes essentielles  du patrimoine démocratique du Sénégal et de l’Afrique.


Sud , c’est aussi cette intelligence des situations qui a permis l’émergence, dans le contexte d’une démocratie en construction mais fortement dominée par la culture du parti unique, d’une offre informationnelle pluraliste reflétant sans exclusive les courants et sensibilités qui s’expriment sur le champ politique et social.


Pour avoir été porte parole du PLP de Maître Babacar Niang, Secrétaire Général de la CDS et Président du groupe libéral à l’Assemblée Nationale dans la période charnière comprise entre les législatives de 1998 et la présidentielle de 2000, je pense être parmi les mieux placés pour rendre compte de cette époque.

Témoigner honnêtement de cette époque, c’est reconnaître que la presse de notre pays a été dans son rôle premier : informer juste, élargir les espaces de liberté, contribuer à l’émergence d’une opinion publique, s’affirmer comme contre pouvoir digne et respecté.

Et témoigner juste, c’est rendre hommage à  Sud d’avoir été au cœur de tous ces bons combats.


Ma part de Sud c’est par ailleurs un compagnonnage franc,  honnête, simple et constant depuis près d’une quarantaine d’années avec Babacar. Notre premier contact a eu lieu en 1975 aux Hlm  dans une de nos « planques » de l’époque de la clandestinité. Il devait nous entretenir de la lutte du mouvement national démocratique de Mauritanie, pays voisin où il était intimement lié avec les membres du mouvement «  Khadéyine » qui étaient à l’époque victimes d’une féroce répression du gouvernement mauritanien. C’est de ce jour qu’est partie une relation d’estime réciproque, forgée dans la fraternité militante, qui nous conduira à cette amitié assumée depuis lors en toutes circonstances. C’est au nom de cette amitié assumée qu’il accepta de déroger à la posture de réserve volontiers provocatrice qu’il a toujours adoptée face aux partis politiques pour marquer de sa présence le congrès constitutif de la CDS.


Il me dira au sortir de la séance inaugurale du Congrès : « Chacun parmi nous aurait porté le manifeste que tu viens de présenter sans y changer une virgule ».

La  CDS de l’époque aura été parce que  Babacar  et tous les autres amis, parfois insoupçonnés, étaient toujours présents à nos cotés pour rendre le projet possible.

« Mon Sud à moi » renvoie enfin au parcours d’hommes et de femmes de plusieurs générations qui ont su porter avec courage les justes causes et les bons combats qui ont contribué à faire de la démocratie sénégalaise un capital très précieux.


Ces combats ont été portés et continuent de l’être par des dignes fils du Sénégal qui se sont affirmés comme des « capitaines courageux » pour reprendre la belle formule de l’inimitable Alassane N’diaye dit Alou.  Et je peux aujourd’hui dire avec fierté, que mon ami Babacar est bel et bien de cette race de grands seigneurs  « capitaines courageux ».

 
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