| L'AMERIQUE DU NORD |
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| Une terre d'immigrants |
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| Publié le 17/01/2012 | 01H49 GMT par Mame Aly KONTE
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| Les cours d'histoire et de géographie qui ont été donnés sur le Canada et l'Amérique du nord, enseignent que cette partie du monde laissée pendant longtemps aux amérindiens, a été occupée progressivement par des gens venus du vieux continent, à partir des années 1500. C'est ainsi qu'au Canada, la période de la Nouvelle-France s'est étendue de 1534 à 1760. Période où les grandes puissances européennes découvraient d'autres mondes afin d'exploiter les nouvelles richesses pour asseoir leur puissance. |
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Une terre d’immigration. Au Canada, les premiers « envahisseurs » si on peut les appeler ainsi, ne sont pas ceux arrivés au cours des 18 ème, 19 ème, 20 ème et 21 ème siècles. Jaloux des richesses que l'Espagne et le Portugal retiraient de leurs colonies, François 1er, roi de France nomme Jacques Cartier (1) à la tête d'une première expédition. Nous sommes en 1534. Ce dernier a pour feuille de route de découvrir de nouveaux territoires et fonder éventuellement un empire colonial. Lors de son premier voyage, Cartier plante à Gaspé, le 24 juillet 1534, une croix avec un écusson portant des fleurs de lys et, au-dessus, une inscription en français avec de grosses lettres mentionnant la phrase suivante : «Vive le Roy De France».
Ce ne sera pas le dernier. Au cours de son second voyage (1535-1536), Cartier plante une autre croix à Stadaconé (près de Québec) avec cette inscription latine: «Franciscus primus Dei gratia Francorum rex regnat» (''François premier, par la grâce de Dieu, roi des Français, règne''). Cette dernière inscription pouvant être lue par tout Européen de passage. Ensuite, il prend en otage le chef Donnacona, assuré d’avoir un témoin oculaire qui pourra raconter cette histoire à François 1er. Bien que ces découvertes soient inestimables pour les gens arrivés du vieux continent, les voyages de Cartier au Canada (de 1534 à 1536 et de 1541 à 1542) se soldèrent par des échecs ; car au début du 17 ème siècle, aucun Français n'était encore installé sur le territoire de la Nouvelle-France. Comme on appelait le Canada à l’époque. Cependant, si le navigateur français a échoué à fonder un établissement au Canada, il a donné à la France des droits sur le territoire.
Cartier aura également eu le mérite d'établir les bases de la cartographie canadienne. Et, c’est lui qui découvre le grand axe fluvial du Saint-Laurent qui devient la porte d’entrée principale à partir duquel, la Nouvelle-France va recouvrir, pour un temps, les trois quarts du continent nord-américain. En Acadie, certains toponymes français à l'origine deviendront plus tard anglais, après le traité d'Utrecht de 1713.
Au sens strict, l’histoire retiendra que Jacques Cartier, dont le nom figure sur nombre de monuments, d’édifices, n'est pas le découvreur du Canada actuel, puisqu'il n'a pas parcouru le Nouveau-Brunswick, ni la Nouvelle-Écosse ni l'île du Prince-Édouard. En fait, Cartier fut le découvreur de la vallée du Saint-Laurent; il appellera le fleuve «rivière du Canada». Rappelons aussi que c'est à Jacques Cartier qu'on doit le nom de Canada. C’est ainsi qu’en entendant le mot iroquoien, kanata, qui signifie «ville» ou «village», il a cru que le terme désignait le pays tout entier. Cartier est l'auteur du premier Glossaire sur les langues amérindiennes au Canada; il est en annexe dans le Bref récit de la navigation fait sur le Canada.
Champlain, fondateur de Québec
Après lui, un autre français va marquer l’histoire du Canada et de la province du Québec : Samuel de Champlain fonde la ville de Québec en 1608, mais sur l'emplacement de Stadaconé il ne restait plus aucun des villages mentionnés par Cartier et, au lieu des Iroquoiens, il ne trouva que quelques rares bandes de chasseurs montagnais. C'est que, entre 1580 et 1590, les Iroquoiens avaient disparu en tant que peuples distincts, mais leurs descendants avaient rejoint divers groupes voisins, tant de langue iroquoienne que de langue algonquienne. Dès 1609, sur rapport de Champlain, Henri IV donna à la colonie le nom de Nouvelle-France. Champlain tenta d'établir des colons et devint lieutenant-gouverneur du territoire en 1612. Mais, les succès se révélèrent minces puisqu'en 1627, lors de la création de la Compagnie de la Nouvelle-France (ou Compagnie des Cents Associés), on ne comptait encore qu'une centaine d'habitants dispersés en deux groupes, l'un à Québec (environ 60), l'autre à Port-Royal (en Acadie, aujourd'hui la Nouvelle-Écosse).
Un peuplement très lent au cours des années
En 1641, la Nouvelle-France comptait 240 habitants, contre 50 000 dans les futures colonies anglaises de la Nouvelle-Angleterre (3). Bref, au cours de ce premier siècle de présence, le peuplement de la Nouvelle-France s'est vraiment révélé un échec, et ce, d'autant plus qu'un édit royal (2) de 1668 interdira le départ des huguenots vers le Canada.
C'est là, l'un des paradoxes de la colonisation française en Amérique du Nord: la France, alors le pays le plus peuplé d'Europe (avec 20 millions d'habitants), aurait dû compter, en dehors de son territoire métropolitain, plus d'habitants que la petite Angleterre (5,6 millions)! On peut penser que les Anglais, plus à l'étroits dans leur île de Grande-Bretagne, ont eu plus tendance à émigrer que les Français, plus sédentaires et plus intégrés à l'Europe. À la même époque, la marine française ne comptait que 18 vaisseaux et une dizaine de galères!
En 1627, le Canada, ne comptait encore qu'une centaine d'habitants. Il s'agissait d'un tout petit pays qui revendiquait, au surplus, une grande partie du territoire nord-américain: la Nouvelle-France. Il n'y avait pas de quoi impressionner face à la Nouvelle-Hollande (4), qui comptait déjà 10 000 habitants, et face aux colonies anglaises de la Nouvelle-Angleterre qui en avait 80 000. De plus, tout fonctionnait mal en Nouvelle-France, particulièrement au Canada, que ce soit sur le plan des institutions civiles, des autorités religieuses ou de l'économie. Jusqu'en 1660, la France pensait à abandonner les rives du Saint-Laurent.
Entre 1627 et 1663, la population passe de 100 habitants à quelque 2500. En 35 ans, environ 1250 immigrants français sont venus s’ajouter à la petite population d'origine; la natalité va doubler le contingent. Déjà à cette époque, les immigrants venaient de presque toutes les provinces de France, soit de 29 provinces sur un total de 38, mais seulement quelques-unes d'entre elles sont numériquement importantes. En 1966, le Programme de recherche en démographie historique (Prdh) de l'Université de Montréal s'est donné comme mandat de reconstituer de façon exhaustive la population du «Québec ancien», depuis le début de la colonisation française au 17 ème siècle.
Couvrant l'ensemble des 17 ème et 18 ème siècles, la base de données du Prdh contient ainsi «l'histoire nominative» des ancêtres québécois issus de France. La base de données porte sur 8527 immigrants fondateurs couvrant la période du Régime français. Une origine des provinces françaises peut être attribuée à 7656 d'entre eux, soit 89,8 %. Autrement dit, cette étude confirme le fait que la majorité des immigrants provenaient des provinces du nord et de l'ouest de la France, incluant la région de Paris: 14,5 % en Normandie, 14,3 % en Île-de-France, 9,8 % au Poitou, 8,9 % en Aunis, 6 % en Bretagne, 5,3 % en Saintonge, 4,4 % en Guyenne, etc. Bref, la grande majorité des immigrants français provenaient bien des provinces du Nord-Ouest, du Centre-Ouest, de l'Île-de-France et du Sud-ouest. On sait aussi que de rares immigrants sont arrivés de la Belgique (48), de l'Allemagne (34), de la Suisse (23), de l'Italie (14) et de l'Irlande (10).
Une présence discrète des noirs
En 1689, Louis XIV avait autorisé la colonie à importer des esclaves noirs, à la suite d'une demande présentée par François-Madeleine-Fortuné Ruette d'Auteuil de Monceaux, aussi connu sous le nom de Jean-François Ruette d'Auteuil, procureur général du Conseil souverain dès 1681. En raison de la rareté des domestiques et de leur coût prohibitif, Ruette d'Auteuil avait proposé de recourir à une main-d'œuvre moins coûteuse et plus soumise. C'est pourquoi le célèbre Code Noir de 1685 promulgué par Louis XIV s'est appliqué en Nouvelle-France. Mais, c'est en 1709 qu'une ordonnance de Jacques Raudot, intendant de la Nouvelle-France de 1705 à 1711, a légalisé l'esclavage dans la colonie. Bien que l'importation d'esclaves noirs aient reçu la sanction royale, il n'y eut jamais au Canada d'importation massive. À la fin du XVIIe siècle, le nombre d’esclaves demeurait encore très restreint : une trentaine d'Amérindiens et une dizaine de Noirs.
Les esclaves noirs entrèrent un à la fois, souvent comme butins de guerre pris sur les Anglais. Entre 1714 et 1760, il arrivait rarement plus de quatre ou cinq nègres dans la colonie, les meilleures années étant de 16 à 18, en comptant les négrillons nés au pays. Quant aux esclaves amérindiens, ils venaient généralement du réseau de la traite des fourrures et constituaient des «présents» échangés entre Blancs et Indiens. Contrairement aux Noirs, les Amérindiens pouvaient s'enfuir et retrouver leur tribu. C'est pourquoi il était plus aisé d'acheter des esclaves amérindiens qui venaient de très loin: la plupart provenaient de la région des Grands-Lac et du Mississipi, afin qu'ils aient moins de chances de regagner leur pays d'origine. Les historiens ont recensé et identifié au moins 4000 esclaves (noirs et amérindiens) entre 1700 et 1834, année de l'abolition de l'esclavage par la Grande-Bretagne.
En un siècle et demi, ce nombre est peu élevé par comparaison aux autres colonies. Dans la seule année 1749, on comptait 10 500 esclaves noirs à New York, la Caroline du Sud en avait 12 000 en 1721. En 1744, il y en avait 250 000 dans toutes les Antilles. Les esclaves du Canada étaient composés aux deux tiers d'Amérindiens, le tiers de Noirs. Ils étaient surtout concentrés à Montréal (63%) et à Québec (33 %), mais il y en avait un nombre important à Détroit (Pays d'en haut), ce qui démontre que l'esclavage était un phénomène urbain. Les grands commerçants (marchands, négociants, bourgeois) possédaient environ la moitié de tous les esclaves, les autres demeuraient la propriété des personnalités publiques, souvent le gouverneur général, l'intendant, un haut fonctionnaire, un officier militaire, l'évêque, parfois une communauté religieuse ou un notaire, voire l'État qui les employait à des tâches ignominieuses (comme bourreau par exemple). Parmi les religieux, ce sont les jésuites et le Séminaire de Québec qui en ont possédé le plus, notamment dans leurs lointaines missions.
Au Canada, les esclaves servaient tous comme domestiques. En général, les propriétaires d'esclaves en avaient un ou deux ; question au moins de «faire bonne figure». Les «petites gens», sauf exceptions, ne possédaient généralement pas d'esclaves. Il fallait débourser environ 900 livres (ou plus) pour un Noir, environ 400 (ou moins) pour un Amérindien. Un Noir vaut en principe deux Amérindiens. En général, les petites gens de la Nouvelle-France gagnaient de 40 à 120 livres annuellement. On possédait des esclaves par prestige, non pour des motifs économiques. Les esclaves étaient rapidement francisés, mais demeuraient souvent illettrés. Français et Canadiens ont été impliqués dans 39 mariages avec une esclave amérindienne (31) ou noire (8). Ces familles ont laissé une descendance forcément métissée, celle-ci ne devant pas dépasser les 5 % de la population d'aujourd'hui. L'esclavage se poursuivra durant le Régime britannique.
Et entre 1635 et 1760, plus de 300 000 Britanniques (Anglais, Écossais, Gallois et Irlandais) ont quitté la Grande-Bretagne pour la seule Amérique du Nord. Au même moment, peupler le Canada a été une épreuve bien plus difficile. Et sur la période 1635-1760, plus de 300 000 Français qui ont quitté la France pour les colonies ont préféré les Antilles ou ce qu'on appelait alors les «Indes occidentales» (Martinique, Guadeloupe, Dominique, Sainte-Lucie, Saint-Domingue, Guyane, etc.) à la place du Canada. Alors que 7000 émigrants français ont débarqué aux Antilles entre 1635 et 1642, seulement 2400 Français choisirent le Canada entre 1632 et 1644.
Plus tard, entre 1749 et 1763, le port de La Rochelle enregistra en moyenne quelque 98 départs annuels de navires pour les Antilles, mais seulement 16 pour le Canada et 14 pour la Louisiane. En 1663, on comptait 8000 Français aux Antilles, mais seulement 2500 au Canada. Et jusqu’à nos jours, nombre de régions du centre, du nord et de l’ouest sont encore bien peu peuplées à cause de leur positions géographiques, de l’inhospitalité climatique etc.
Notes
1- Jacques Cartier ((1491-1557)) ;
2- Le terme huguenot est l'ancienne appellation donnée par leurs ennemis aux protestants français pendant les guerres de religion. À partir du XVIIe siècle, les huguenots seront appelés religionnaires, car les actes royaux employaient le terme de « Religion prétendue réformée » pour désigner le protestantisme. Environ 300 000 d'entre eux ont dû quitter le territoire français après les dragonnades et la révocation de l'édit de Nantes le 18 octobre 1685.
3- La Nouvelle-Angleterre est une région formée de six États (Maine, New Hampshire, Vermont, Massachussetts, Connecticut, Rhodes Island) dans le secteur nord-est des États-Unis d'Amérique. Bien qu'elle soit une des plus anciennement peuplées des États-Unis, la plupart de la région (à part les secteurs côtiers à l'est de Massachusetts, Rhodes Island, et au sud-ouest de Connecticut) maintient un charme rural et une basse population.
4- Les Hollandais ont tenté de coloniser une partie de l'Amérique du Nord. C'est en 1609 que Henry Hudson, au service des Hollandais, remonta le fleuve qui portera désormais son nom. En 1614, la Compagnie hollandaise des Indes orientales installa des comptoirs dans toute la région, rebaptisée la Nouvelle-Hollande ou Nouvelle-Belgique (Nieuw Nederland ou Novium Belgium). |
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| Commentaires
(1)
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Posté par mbodj, 2012-01-22T22:32:03+00:00 |
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rien de nouevae et on ne comprend meme pas le sens et de cet article. si c pour revenir sur un pan de l'histoire, c'est trivial. on est tenté de se demander et après? |
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