| ROBERT SAGNA, MEMBRE DU DIRECTOIRE DE CAMPAGNE DE BENNOO |
|
| «Wade ne propose pas la solution qui peut mener la paix en Casamance » |
|
| Publié le 14/02/2012 | 01H56 GMT par Bacary Domingo MANE
|
|
|
|
| |
| L’ex-maire de Ziguinchor, Robert Sagna, membre du directoire de campagne du candidat Moustapha Niasse, soutient qu’en ce qui concerne le règlement de la crise en Casamance, Me Wade semble avoir mis la charrue avant les bœufs. Et pour lui, « on ne peut aujourd’hui parler sérieusement de la paix, en promettant aux gens des projets ». Me Wade « doit proposer aux Casamançais, c’est l’alternative à l’indépendance que réclame le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc) ». Malheureusement, a-t-il dit, « Me Wade ne propose pas aux Casamançais la solution qui peut mener la paix en Casamance ». M. Robert Sagna nous a accordé cet entretien dans les locaux de la Permanence de son parti où les activités politiques sont coordonnées en vue de l’arrivée de Moustapha Niasse attendu à Ziguinchor aux alentours des 18 et 19 février prochain. |
| |
Comment vous préparez l’arrivée du candidat de Bennoo Siggil Senegaal, Moustapha Niasse, dans la région de Ziguinchor ?
Les choses se passent mieux, pour ne pas dire, très bien. Je suis descendu effectivement sur le terrain pour organiser et mener, avec le directoire départemental de la coalition Bennoo Siggil Senegaal, la campagne électorale du candidat Moustapha Niasse. Notre première sortie, c’est tout à l’heure (hier, lundi vers les coups de 18h) dans le quartier Alwar. C’est un démarrage qui a eu quelque retard. Ce qui est rassurant, c’est que pendant mon absence les gens n’ont pas attendu que je sois là. Ils ont fait du porte à porte, sillonné tous les quartiers – puisque nous sommes bien structurés – je pense que l’enthousiasme qui se lit sur les visages, laisse augurer que nous allons vers des élections très positives ; en tout cas, vers le changement que souhaite Moustapha Niasse.
Vous allez démarrer les meetings de quartier aujourd’hui. Quel sera le message fort ?
Le message fort pour nous, c’est la paix ! On ne peut pas développer la Casamance sans la paix. Nous allons informer les populations que Me Wade est venu ici pour les endormir.
Que pensez-vous des promesses du candidat Wade qui propose de créer cinq grands projets pour la réinsertion des combattants du Mfdc ?
On ne peut aujourd’hui parler sérieusement de la paix, en promettant aux gens des projets. Ce que Wade doit proposer aux Casamançais, c’est l’alternative à l’indépendance que réclame le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc). A la place que propose-t-il ? Que veut-il ? Que souhaite-il et comment il pense y aller ? On ne met pas la charrue avant les bœufs. Par conséquent, ces problèmes de déminage, de projets, d’insertion et de réinsertion, ne peuvent être envisagés que lorsque la paix sera rétablie. Wade ne propose pas aux Casamançais la solution qui peut mener la paix en Casamance. C’est ce qu’on lui demande.
Le candidat Wade dit être en contact avec des chefs du maquis et leur a proposé un plan de sortie de crise. N’est-ce pas là un pas important dans le règlement de cette question ?
Moi, ce que je constate, c’est que les armes ont repris ; c’est qu’à longueur de journée des gendarmes et des militaires sont tués. Ce que je constate, c’est qu’il y a sept forces de sécurité qui sont en otage aujourd’hui entre les mains des combattants. Ce que je vois, c’est des morts. Je ne vois pas aujourd’hui des gens déposant les armes et dialoguant avec Wade dans la perspective de réaliser des projets. Par conséquent, qu’on ne vienne pas tromper encore la Casamance. Ce qu’on demande à Me Wade : quelle est l’alternative qu’il propose ? C’est ce qu’on lui demande. On nous dit : qu’est-ce que vous Casamançais vous faites ? Nous y sommes, mais nous avons nos limites. Nous avons des propositions à faire et nous en avons. Nous ne disons pas que nous avons la solution, mais nous avons des propositions qui peuvent aboutir à la solution. Mais encore, faut-il savoir jusqu’où nous pouvons aller très loin, en s’appuyant sur une orientation claire du gouvernement comme alternative à l’indépendance que réclame le Mfdc. Mais, sur ces questions: Wade, bouche cousue ???. Il ne réagit pas et ne fait que des promesses. Peut-être qu’il a des contacts avec des chefs du maquis. Tant mieux. Qu’il en profite pour nous mener vers la paix. C’est cela le plus important.
Quelles sont ces propositions ?
Ce ne sont pas des choses qu’on dévoile au grand jour. Nous partons déjà de celles que nous avions en 1999, quand le dialogue s’était installé avec l’initiative du régime socialiste par Abdou Diouf. Nous avions, au moment des négociations à Banjul, des propositions qui sont toujours d’actualité. Le moment venu, nous allons les exposer et le Mfdc appréciera. Mais, tant qu’il n’y a pas une initiative allant vers un dialogue, avec des négociations, on n’ira nulle part. Les gens nous disent : négocier quoi ? On négocie la paix. C’est cela qui est important. Nous avons, après les contacts que nous avons eus avec les frères du maquis, des idées, des propositions à faire et peut-être, elles peuvent aboutir à une solution. Maintenant, il ne nous appartient pas de les révéler. Le moment venu, on le fera savoir.
Il faut que les gens du maquis soient les premiers informés de ce que l’on propose aux fins de les examiner et nous disent s’ils les agréent ou pas. Mais pour cela, il faut que le chemin soit montré par ceux qui nous gouvernent, en l’occurrence, le Président Abdoulaye Wade. C’est lui qui doit montrer le chemin.
Etes-vous de ceux qui pensent que cette question casamançaise est éminemment politique ?
Elle est éminemment politique ; c’est pourquoi pour nous, c’est la paix qui est prioritaire. Donc, pour y arriver, il est nécessaire de changer le régime actuel, parce qu’après douze ans, les populations doivent se rendre compte que ces gens ne sont pas prêts à régler le problème de la Casamance. Et, si on les maintient au pouvoir, la situation de ni paix ni guerre va persister. Aujourd’hui, on ne peut parler de ni paix ni guerre, on peut parler de guerre, parce qu’il n’y a pas de paix, puisque les hostilités ont bel et bien repris. Il est donc temps que Wade dégage pour que nous puissions mettre en place des hommes capables de régler cette question. Et nous pensons que ces hommes existent.
Bennoo est-il suffisamment fort pour faire partir Wade, surtout à Ziguinchor, avec la rumeur des départs pour le Pds, de quatre Pcr qui appartiennent à votre parti ?
Je n’ai aucun doute pour cela. Il n’y a pas que mon parti qui est en jeu. Les formations politiques et le mouvement de la société civile et les personnalités physiques et morales sont au nombre de cinquante. C’est tout cet ensemble qui est décidé, organisé, engagé et déterminé à faire partir le régime. Maintenant que des PCR aient été reçus par le Président Wade, il n’y a pas un mal à cela. Le fait d’être reçu par Wade ne signifie pas qu’on est parti. En tout cas, jusqu’à preuve du contraire, je continue à travailler avec ces PCR. Il y en a un dont l’émissaire vient (hier lundi) de partir. Je reçois un autre demain (aujourd’hui mardi) pour nous organiser dans la campagne électorale. Par conséquent, les rumeurs de leur départ ne me freinent pas dans la collaboration que j’aie avec eux, parce qu’évidemment, je ne gère pas les rumeurs. Ce que je constate, c’est que ces personnes sont encore avec moi ; travaillent avec moi et s’organisent pour la campagne.
|
| |
|
|
| |
| Commentaires
|
| Poster un commentaire |
| |
NOTE :
Cette section est modérée. Les textes ne sont publiés qu'après modération. SudOnline.sn se réserve le droit de rejeter tout commentaire ne respectant pas la ligne éditoriale. |
|
|
| |
|
|
| |
|
|
|
|
|